Permis moto 2013 : Le guide d’évaluation des inspecteurs analysé et décortiqué

Par notre expert Thierry Le Pallec, pour les moniteurs et les candidats


Nouveau permis moto et donc nouvel examen, mais surtout une toute nouvelle réglementation pour les inspecteurs et les formateurs. Afin de clarifier les choses entre les professionnels de l'apprentissage et de l'examen, la D.S.C.R a réalisé un guide de l'évaluation des permis moto A, A1 et A2 en vigueur depuis le 19 janvier 2013. Voici en exclusivité, l'analyse en détail de cette bible de 50 pages et tous les secrets de l'examen du permis moto avec ses modifications du premiers juillet 2014.



Les motos pour l'examen A1, A2 et A

Toutes les motos d'examen doivent être âgées au maximum de six ans, c'est désormais clairement indiqué dans le guide d'évaluation (GE). L'uniformisation à 10 ans est néanmoins à l'étude.

Pour la catégorie A1 (125 cc), les motos peuvent désormais présenter une cylindrée entre 115 et 125 cc, c'est une petite nouveauté. À noter également que le GE prévoit la possibilité d'utiliser une moto électrique pour l'examen, une ouverture sur l'avenir.

Pour la catégorie A2, la puissance doit être comprise entre 20 et 35 kw, il y a donc un mini et un maxi, avec une cylindrée mini de 395 cc. Ces dispositions sont applicables depuis le 1er janvier 2014, après une période de transition en 2013.
La catégorie A2 s'ouvre également aux motos électriques.

Pour la catégorie A, la réglementation impose 40 kW au et 595 cc de cylindrée, toutes ces caractéristiques étant requises au minimum depuis 2013. A partir du 1er janvier 2019, il faudra 50 kW avec un poids à vide 175 kilos.
En résumé, le rapport poids-puissance obligatoire de 0,25 kg n'est pas l'unique valeur à prendre en compte.

Une petite phrase anodine, mais qui pourrait se révéler importante : « les véhicules d'examen doivent être propres et en parfait état de fonctionnement. Si l'expert constate une défaillance du véhicule, il informe l'accompagnateur en dehors de la présence des candidats. »

Attention, le temps nécessaire pour remettre en conformité le véhicule est pris sur le temps d'examen, une unité étant bien souvent un candidat en moins pour l'examen.

« Les véhicules utilisés à l'examen doivent répondre aux caractéristiques techniques mentionnées sur le certificat d'immatriculation. »
Cette mention permet de clarifier les choses notamment par rapport aux butées de direction modifiées ou pas, ces dernières n’étant pas indiquées sur le certificat d'immatriculation, l'inspecteur ne peut reprocher ce détail par exemple.

« Si une ou plusieurs défectuosités ne mettant pas en cause la sécurité, l'expert procède à l'examen, mais informe son délégué. »

le problème de cette remarque est de savoir ce qui rentre exactement dans le cadre des défectuosités, un plastique de clignotant cassé ? un levier tordu ? un feu de stop ou un éclairage de plaque grillé ? Il y a donc une part de subjectivité importante dans cette remarque.

« Les épreuves hors et en circulation pourront, éventuellement, se dérouler sur des machines différentes, étant entendu que le type de boîte de vitesse doit rester identique. À défaut l’examen ne peut avoir lieu (Arrêté du 23 avril 2012 modifié). »

De plus, les trois épreuves hors circulation doivent se dérouler sur la même moto et le changement de machine est autorisé uniquement dans le cas où la moto utilisée serait rendue inutilisable au cours de l'un de ceux-ci.

Assurances sans limite aussi pour les examens

Les moto-écoles doivent désormais disposer d'une police d'assurance sans limite de dommages, et ce même à l'occasion des épreuves pratiques. La situation est donc désormais clarifiée par rapport au flou précédent qui pouvait poser beaucoup de problèmes notamment en cas d'accident d'un élève pendant les examens, c'est la police d'assurance de l'auto-école qui couvre les examens du permis de conduire.
À noter qu'en cas d'accident c'est à l'accompagnateur de remplir le constat amiable.

Petit rappel, ce n'est pas une nouveauté, mais c'est un point important, une autorisation parentale est indispensable pour qu'un élève mineur soit passager pendant les exercices sur le plateau. Cette obligation est valable le jour de l'examen comme en leçon d'ailleurs. Par exemple, dans le cas d'un jeune élève qui passe le permis A1 et qui joue le passager pour quelqu'un qui passe le permis A.

« Je soussigné (e)..........., né (e) le............ à.........., demeurant à................., agissant en qualité de (rayer les mentions inutiles) père, mère, tuteur, représentant légal, autorité qui a la garde de............... (nom et prénom), déclare l’autoriser à tenir le rôle de passager dans le cadre de l’examen du permis de conduire les motocyclettes de la sous-catégorie A1. »

La relation entre l'expert et l'accompagnateur mieux défini !

La fonction de l'accompagnateur (moniteur) est également clarifiée sur quelques points importants et notamment sur son rôle pédagogique :
« la présence de l'accompagnateur pendant les épreuves a pour principal objectif d'établir un lien pédagogique avec la formation des candidats. En cas d'échec, cette présence renforce la capacité du formateur à fixer les axes de travail... L'accompagnateur et l'expert n'expriment aucun désaccord de nature pédagogique en présence des candidats. »

Cette dernière annotation est clairement destinée aux moto-écoles et aux moniteurs qui doivent désormais montrer une réserve en présence des candidats. Cette annotation va dans le même sens que celles formulées plus haut à destination des inspecteurs sur l'état du véhicule d'examen. En résumé, inspecteurs et accompagnateurs sont invités à s'entendre devant les candidats. Des sanctions peuvent être prises envers les accompagnateurs qui ne respecteraient pas ce principe.

Enfin, l'inspecteur n'est pas tenu d'indiquer le temps réalisé par l'élève, il est souverain pendant l'examen.

Dans le cas où plusieurs auto-écoles sont convoquées en même temps, c'est l'inspecteur qui organise complètement l'examen, c'est-à-dire plateau ou circulation et surtout l'ordre de passage des auto-écoles. Cette petite nouveauté dans l'organisation devrait permettre d'éviter les rivalités entre moto-écoles présentes lors des examens.

Le rôle de l'accompagnateur

« L'accompagnateur ne doit pas procéder à un chronométrage ou à un relevé de la vitesse lors de la réalisation des exercices. » En revanche, il apporte sa participation pour positionner le véhicule au début de l’exercice de maniabilité sans l'aide du moteur et pour l'allure réduite.

Le rôle du candidat

Le candidat a la possibilité d'annuler l'épreuve au vu des conditions climatiques, il est excusé, mais aucune nouvelle place ne sera attribuée à l'auto-école, sauf si l'annulation est à la demande de l'expert. Donc en résumé un candidat peut demander l'annulation de l'examen, mais perd sa place si l'inspecteur estime que les conditions météorologiques sont acceptables pour permettre sa réalisation.
Pendant le permis seul le candidat peut modifier le ralenti de sa machine.

Ne pas fumer et ne pas enregistrer

De même, il est désormais strictement interdit de fumer à l'intérieur du véhicule d'examen et aux abords immédiats des épreuves en circulation (plateau). Les téléphones portables doivent être éteints ou en position silencieux. L'enregistrement de l'examen du permis de conduire est interdit. Ces interdictions sont universelles et valables pour les candidats, les accompagnateurs et les inspecteurs.

Le rôle de l'expert (L'inspecteur)

Le chapître 8 du guide d'évaluation « conditions psychologiques de l'examen » concentre des nouveautés très importantes sur le rôle de l'expert (l'inspecteur) qui doit faire preuve d'une politesse et une courtoisie constante, mais aussi veiller à la plus grande neutralité dans l'expression orale et l'observation du candidat. Enfin l'expert doit lever toute ambiguïté notamment dans ses directives.

Le candidat doit désormais connaître après chaque exercice son résultat, les inspecteurs avaient parfois du mal à le dire jusqu'à maintenant.
De même, l'expert doit attendre que le candidat ait vu son erreur avant de remettre en place un cône sur un parcours. Auparavant, il y avait un problème au retour du parcours rapide, il était impossible de savoir si le candidat avait fait une ou deux fautes. Désormais avec le slalom uniquement à l'aller, l'examen ne pose plus de problème sur ce point.

L'importance du premier contact

Le guide d'évaluation insiste également sur l'importance du premier contact entre l'inspecteur et l'élève :

« Le premier contact a une influence déterminante sur le déroulement de l'examen et le résultat final. S'il est vrai qu'en situation d'examen, un candidat perd habituellement une partie de ses moyens, la qualité de l'accueil peut, dans une large mesure, contribuer à compenser cette difficulté. L'expert doit prendre l'initiative du premier contact, et ne pas se formaliser s'il n'obtient pas en retour la courtoisie escomptée. »

Les inspecteurs reprochaient généralement aux accompagnateurs le stress des élèves pendant l'examen. Le guide de l'évaluation reconnaît désormais la situation stressante de l'examen, ce n'est plus l'accompagnant qui en est responsable, mais l'examen en lui-même. Il est donc demandé explicitement aux inspecteurs d'aider les élèves à se déstresser en soignant le premier contact.

Pendant l'examen

« La qualité d'une évaluation dépend du niveau d'expertise technique de l'expert, mais
également de sa capacité à instaurer un climat propice à la restitution des compétences réelles du candidat. »


Le travail de l'inspecteur est valorisé, il n'est plus là simplement pour une expertise technique, il a une nouvelle fonction tout aussi importante qui est de mettre en bonne condition le candidat.

« Dans le même esprit, il pourra lui prodiguer des recommandations et des conseils, s'il estime qu'ils peuvent être de nature à favoriser la restitution des compétences.
En cas d'émotivité importante constatée en cours d'épreuve, il peut être utile de s'arrêter quelques instants pour permettre au candidat de retrouver son calme et ses moyens. »


Sur le terrain, certains inspecteurs travaillent déjà comme cela en gérant le stress des candidats, notamment en aménageant l'examen. Cette pratique est désormais clairement recommandée dans le guide d'évaluation.

L'équipement et sa vérification

Une première vérification sommaire de l'équipement par l'inspecteur intervient avant le début des épreuves, un contrôle plus approfondi est réalisé pour l'épreuve hors circulation à l'issue d'un contrôle de l'état de la moto et pour l'épreuve en circulation, avant le départ et lors de l’installation.

En toute logique, le passager (qui apporte sa participation à l'allure réduite) doit porter un équipement aux caractéristiques identiques.
Si un passager ne présente pas un équipement adéquat, le candidat est invité à changer de passager. Si personne n'est en mesure de se substituer au passager, le candidat sera tout de même examiné.

Le casque :
Homologué NF ou CE et avec la présence des dispositifs réfléchissants.

Les gants :
Adaptés à la pratique de la moto soit avec un marquage NF, CE ou EPI ou renforcés et munis d'un dispositif de fermeture au poignet.

Les chaussures montantes sont désormais obligatoires :
C'est une autre nouveauté de ce permis, le candidat doit porter des chaussures montantes ou des bottes. Les bottes en caoutchouc sont interdites.

Veste et pantalon :
Le pantalon est désormais obligatoire de même qu'un blouson avec des manches longues. Le simple coupe-vent est interdit.

Attention, en cas de défaillance au niveau de son équipement, le candidat ne pourra ni passer l'examen, ni être excusé pour ce motif.

Si le casque paraît manifestement de taille inadaptée l'expert l'indique au candidat, applique la notation B à l'exercice du déplacement sans l'aide du moteur et lui demande de trouver un casque conforme pour les exercices suivants. En l'absence de casque : pas d'examen !

Le point sur les véhicules automatiques et la passerelle

La définition d'un véhicule automatique concerne en réalité la fonction automatique de l'embrayage, mais pas du passage des rapports :

« Un véhicule équipé d'un changement de vitesse manuel est un véhicule dans lequel une pédale d'embrayage (ou une poignée d'embrayage pour les catégories A1, A2 et A) est présente et doit être actionnée par le conducteur au démarrage, à l'arrêt du véhicule et lors du changement de vitesse. »

« La personne qui souhaite faire supprimer ces restrictions (code 78) doit régulariser son permis de conduire sur piste pour les véhicules des catégories A1, A2 et A. L’expert vérifie que le changement de vitesse manuel est utilisé de manière efficace par le candidat et le mentionne dans l’avis destiné au préfet. »

Dans le cas de la passerelle boîte auto/permis mécanique, l'épreuve pour supprimer la restriction (code 78) est constituée d'un parcours à allure réduite et de l'évitement, il n'y a pas donc de circulation ou d'interrogation orale.

Tirage au sort de la piste

Pas de changement sur ce point.

« Les déplacements de la moto prévus dans les tests de maîtrise de la moto à allure réduite et à allure plus élevée sont tirés au sort, sur présentation par l’expert de l’ensemble des fiches par le premier candidat convoqué de chaque demi-journée.
Le numéro de la fiche est le même pour les tests de maniabilité et pour l’ensemble des
candidats de la demi-journée.... le maximum de tirages au sort par jour est fixé à quatre »



Le contrôle de l'état du véhicule (les vérifs)

De petites différences sur ce point, auparavant le candidat apprenait les six titres de chaque vérification par cœur, ce qui ne s'avérait pas forcément très efficace. Désormais il n'y a plus que trois questions et surtout les sujets sont choisis et lus par l'inspecteur 1 ou 2 dans chaque commande.
Pour le contrôle de la direction, où la vérification est généralement rendue impossible par l'absence de béquille centrale, le candidat explique simplement la procédure de contrôle.

De même pour les commandes hydrauliques présentant un niveau caché (frein arrière par exemple). L'inspecteur peut demander au candidat de lui montrer précisément cette vérification. Dans ce cas, le candidat a la possibilité de demander à son moniteur de l'aide pour accéder à cette vérification. En résumé, si le candidat ne sait pas ouvrir la selle de sa moto, il ne va pas obtenir une note B.

Pour la vérification des pneumatiques et notamment de la pression, le candidat indique désormais si la pression de gonflage paraît visuellement correcte, le seul contrôle efficace restant garanti par un manomètre.

Des précisions sur le nouvel examen sans l'aide du moteur et les vérifs

L'arrêt est autorisé et le candidat n'est pas tenu de respecter la trajectoire indiquée sur les fiches.
Le candidat déplace sa moto en marchant à côté lors de ce parcours. À noter, et c'est un point important, que si la marche arrière ne peut être réalisée en une seule manœuvre, il est possible d'effectuer une marche avant et une seule en direction de la porte précédente. Auparavant, une mauvaise manœuvre valait un B, désormais le candidat recommence et garde sa note A, mais c'est désormais l'inspecteur qui empêche la mauvaise trajectoire. La béquille latérale doit être obligatoirement relevée pendant l'exercice

Enfin, « le vocabulaire technique ou la façon de s'exprimer lors du contrôle du véhicule ne doivent pas être pris en compte dans l'évaluation. » Cette nouveauté est très importante pour les candidats qui ne maîtrisent pas forcément les termes techniques. De même, le hors sujet pendant les vérifications ne pénalisent plus le candidat avec une note B, néanmoins l'expert peut inviter le candidat à limiter le contrôle aux points exigés.

Le déplacement de la moto à allure réduite (parcours lent)

Le guide d'évaluation indique clairement que la pratique du patinage de l'embrayage pour l'épreuve à allure réduite est obligatoire :

« lorsque l'épreuve est passée sur un véhicule équipé d'un changement de vitesse manuelle, il doit effectuer le parcours du repère deux au repère trois en roulant au pas de façon à démontrer sa capacité à actionner l'embrayage, si nécessaire en combinaison avec l'accélérateur et/ou les freins. »

Depuis le premier juillet 2014

- Pour l'arrêt au point n°4 c'est-à-dire au demi-tour, le candidat devra marquer l’arrêt, point de contact au sol de la roue avant, entre la 1ère ligne et celle située sur l'axe médian. A défaut la notation C sera appliquée.

- Création d’une zone neutralisée au départ en (4) : La zone neutralisée débutera du départ en (4), jusqu’au franchissement par la bande de roulement de la roue avant (point de contact au sol) de la ligne située dans l'axe du cône. En cas de calage, le candidat ne se repositionnera pas. Un pied posé dans cette zone, même après le franchissement par la bande de roulement de la roue avant (point de contact au sol) de la ligne, ne sera pas pris en compte. En revanche, un pied posé au sol, en sortie de zone neutralisée sera considéré comme une erreur.

Si le candidat recule, il n'y a pas de sanction, mais l'inspecteur intervient pour lui dire d'arrêter. L'inspecteur peut néanmoins demander aux candidats de se replacer dans sa position initiale.

Deux points importants : le déplacement ou le renversement d'un piquet par son embase n'est pas considéré comme une erreur et le calage du moteur n'est pas évalué en tant que tel.

Autre point très important : la sortie du terrain engendre la notation C, c'est l'une des nouveautés du parcours lent. Pour mémoire, le candidat peut rouler sur la ligne, mais ne pas la dépasser. Les lignes qui matérialisent les 6 m sont toujours tracées à l'intérieur de cette limite des 6 mètres.

Le passager a également un rôle désormais bien défini dans l'épreuve à allure réduite, il doit se tenir des deux mains et le plus près possible du conducteur, les pieds sur les repose-pieds et les genoux serrés. Le guide d'évaluation précise que toute autre attitude ne peut être acceptée. Enfin, le passager ne doit pas communiquer avec le candidat, dans le cas contraire c'est la notation C qui sera appliquée.

Le bloc allure élevée : freinage et évitement

L'inspecteur donne les explications concernant les exercices de freinage et d'évitement simultanément et chaque candidat réalise successivement ces deux épreuves. En résumé, l'inspecteur explique une fois pour toutes les épreuves et chaque élève réalise son freinage et son évitement à la suite.
En cas d'erreur de l'élève (réalisation de l'épreuve d'évitement en premier), l'expert interrompt l'essai en cours et ne l'évalue pas. Attention néanmoins, la chute reste ici éliminatoire.

Définition des erreurs du freinage :
A l’aller, le troisième rapport de vitesse (minimum) doit être engagé au plus tard avant la ligne C6. Dans le cas contraire, la notation B serait attribuée. Troisième rapport de vitesse non engagé au retour avant le freinage, sinon c'est la notation B. Arrêt avec contact au sol de la bande de roulements de la roue avant (au-delà de la ligne, la note est C alors que le point de contact de la roue avant sur la ligne donne la note A. Désormais durant tout l'examen, le point de contact du pneu est pris en compte, on ne parle plus de l'aplomb du pneu. Non-respect de la vitesse minimale et distance d'arrêt trop longue : notation C Lors du demi-tour, seuls sont à prendre en compte le renversement du cône central et la sortie de terrain. 1 seul pied au sol autorisé : Un pied qui n'est pas sur le repose-pied et qui ne touche pas le sol n'est considéré comme une erreur. Un pied posé au sol à l'occasion du demi tour n'est pas considéré comme une erreur. Au retour, le troisième rapport de vitesse (minimum) doit être engagé au plus tard avant le début du freinage. Dans le cas contraire, la notation B serait attribuée. Anticipation freinage (freinage déclenché avant la ligne C6) : notation C Zone neutralisée (freinage et évitement) :

Du départ et jusqu'à la zone C4 (franchissement par le point de contact au sol de la roue avant ) la zone est neutralisée et les erreurs commises ne sont pas prises en compte lors de l'évaluation, à l'exception de la chute qui reste éliminatoire.

Le radar et son utilisation :

De petites précisions importantes concernent l'utilisation du radar. En cas de panne de ce dernier et de l'absence de mesures fiables, l'essai est annulé. En l'absence de radar opérationnel, les examens ne peuvent avoir lieu. Néanmoins rien n'interdit à l'inspecteur d'utiliser alors un radar fourni par un moniteur à partir du moment où celui-ci est un matériel reconnu.
La marge d'erreur est de 5 km/h, c'est-à-dire que 5 km sont systématiquement ajoutés aux résultats obtenus (passage à 46 km/h : vitesse retenue 51 km).

Définition des erreurs de l'évitement :
vitesse de référence aller (40 km/h) non atteinte au point de contrôle vitesse de référence retour (50 km/h) non atteinte au point de contrôle Arrêt hors zone : l’arrêt est considéré hors zone (3) dès qu’un point de contact au sol de la moto se trouve hors des limites définies par les fiches d’examen (matérialisées par 4 cônes sur la piste). renversement d’un ou plusieurs cônes de la tête d’évitement : quelle que soit la partie de la moto ou du conducteur ayant provoqué la chute du cône (Note C).

Les interrogations orales

Pour accéder à l’interrogation orale, il faut obtenir soit 4 A, soit 3 A et un B, soit 2 A et 2 B, soit 1 A et 3 B. Dans ce dernier cas, l'élève devra avoir obligatoirement un A.

Les interrogations orales ont une durée de trois à quatre minutes, elles peuvent se dérouler dans le véhicule du formateur en l'absence d'un local disponible. Au début du guide il est rappelé que l'accompagnateur suivra l'élève durant tout l'examen, ce qui comprend les vérifications et ces interrogations orales.

La fiche tirée au sort par le candidat lui sert de support et mentionne donc les questions des interrogations orales, l'autre nouveauté est que l'inspecteur à une fiche dans les mains avec les éléments de réponse.
Le candidat doit pouvoir s'exprimer librement et l'expert doit orienter le candidat, mais sans le pénaliser, il doit également relancer un dialogue inexistant ou mal orienté.

Les épreuves en circulation

Attention, le délai entre les épreuves hors circulation et en circulation est désormais de deux jours minimum et non plus d'un jour en cas de réussite. En cas d'échec, le délai passe à 7 jours.

L'épreuve en circulation change sur de petits détails, mais sa durée est toujours de 25 minutes de conduite effective, théoriquement un tiers du temps en agglomération et deux tiers hors des villes.
Pendant ces 25 minutes, le candidat est placé en situation d'autonomie pendant 5 minutes environ, l'annonce lu début et de la fin de la conduite autonome a été supprimée depuis le 1er juillet 2014.

Des précisions importantes pour la situation arrêt/départ en circulation :

Une nouveauté en cours d'examen : L’expert indique au candidat qu’il va devoir effectuer un arrêt pour quitter la circulation, soit sur un emplacement de stationnement, soit sur une aire de stationnement, il ne s’agit pas d’une manœuvre.

L'arrêt lors d'un changement de candidat n'est pas pris en compte, de même que la capacité du candidat à trouver un emplacement d'arrêt adéquat, qui n'est pas évaluée. Coller un élève qui s'arrête sur un arrêt de bus n'est donc plus possible. Enfin : « il ne peut être exigé de déplacer la moto sans l'aide du moteur en marche arrière ou avant ». L'inspecteur doit donc désormais veiller à faire arrêter les candidats dans un endroit logique et offrant toutes les garanties de sécurité.

Les indications durant le parcours doivent êtres formulées avec précision, éventuellement à plusieurs reprises et suffisamment tôt. Les formateurs avaient demandé que chaque indication soit répétée deux fois, afin de faciliter la compréhension par les candidats, mais le guide d'évaluation n'est finalement pas allé en ce sens.

L’évaluation générale de la conduite

Le guide montre des avancées significatives dans la définition de l'évaluation générale, notamment en prenant en compte que certaines erreurs du candidat découlent de situations particulièrement complexes. De même, l'inspecteur a désormais un rôle important durant et à la fin de l'examen : « Il convient d'éviter que le candidat qui a largement démontré ses compétences ne soit ajourné. Un conseil ou une remarque formulés en temps voulu peuvent faire naître la bonne réaction et confirmer les aptitudes du candidat. Les écarts de conduite importants constatés sont signalés au candidat dans le but de lui permettre de les corriger et de déterminer le niveau réel d'acquisition de la compétence en cause. »

Derrière cette phrase se cache une petite révolution de l'évaluation : c’est-à-dire que l'inspecteur ne doit pas attendre que le candidat commette une erreur ou les cumule pour lui signaler. Charge au candidat de tirer profit de la remarque et de corriger sa conduite.

Petit rappel, pour l'examen en circulation qui a désormais lieu au minium deux jours après les épreuves plateau, le candidat doit présenter son équipement conforme. Le candidat doit présenter ses équipements de protection et indiquer que son casque est homologué et à la bonne taille. En cas de défaut sur ce point, le candidat ne passe pas l'examen.

Le guide d'évaluation précise pour l'évaluation de la compétence : Savoir s'équiper et s'installer que : « L’installation consiste à régler les rétroviseurs (si nécessaire), à mettre en fonction le feu de croisement (le cas échéant) et à vérifier l’absence de témoin d’alerte au tableau de bord avant le départ (cette vérification peut être visuelle et l'expert, à défaut de pouvoir constater que cette vérification a bien eu lieu, fera bénéficier le candidat du doute). »

Pour l'évaluation des compétences dynamiques du candidat, l'expert attribue une note entre 0 et 3, mais point crucial, le niveau 3 ne correspond pas nécessairement à une prestation parfaite. Cette nouvelle définition de la meilleure note est très importante.
Un autre progrès apporté par ce guide concerne la prise en compte des angles morts par les candidats. L'expert vérifie cette compétence sur l'ensemble de la prestation et dans les situations le nécessitant, la systématisation est donc clairement écartée.

Dans le même esprit, l'expert s'attachera à déceler si une allure trop basse est le reflet d'une attitude préventive ou d'une insuffisance de préparation lors d'un arrêt.

Enfin, pour l'évaluation de la compétence « Courtoisie » le candidat doit démontrer une attitude préventive à l'égard des usagers les plus vulnérables comme les piétons, deux-roues, enfants, personnes âgées, etc...)

Le nouvel examen incite à un véritable dialogue entre l'inspecteur et le candidat, le premier pourra questionner le deuxième en cours d'épreuve à l'occasion d'un arrêt.

L'expertise n'est plus passive, mais véritablement active, l'expert est invité à communiquer avec le candidat et le guide d'évaluation lui indique clairement quand et comment instaurer ce dialogue.

Pour être reçu à l’épreuve en circulation, le candidat doit obtenir un minimum de dix-sept points et ne pas commettre d’erreur éliminatoire. Le résultat de ce bilan est communiqué en direct au candidat et l’expert procède à un commentaire pédagogique.

L'avis de Permis Pratique par notre expert : Thierry Le Pallec

Sur le terrain il y a déjà une nouvelle génération d'inspecteurs qui travaillent en ce sens, la pratique est amenée à se généraliser. En finalité, ce guide de l'évaluation des nouveaux permis moto apporte de nouveaux outils pour l'expertise.
Les experts ont désormais la possibilité d'intervenir véritablement dans l'examen, de poser des questions et de s'impliquer personnellement dans le contact avec le candidat, et surtout de relancer l'examen en anticipant les erreurs des candidats.

La toute nouvelle définition de l'évaluation des permis moto 2013 marque un bond en avant en créant un véritable lien entre le candidat, son moniteur et l'expert. En résumé, cette nouvelle approche dans l'évaluation apporte des solutions modernes qui fonctionnent déjà sur le terrain, localement. Toutes ces nouveautés proviennent des pratiques actuelles de certains experts et sont désormais mises à disposition de tous.

Lundi 4 Aout 2014
Permis Pratique


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